Conséquences et intérèts

Pour les pays hôtes

Si la lutte pour organiser les jeux est si acharnée, c’est que les retombées sont importantes, et ce dans plusieurs domaines. D’abord sur le plan économique : les jeux coûtent cher, ce constat a été vérifié à de nombreuses reprises notamment durant Montréal 1976 où la ville finira de payer ses dettes seulement durant le printemps 2006. Un budget prévisionnel désastreux et des travaux qui s’éternisaient furent la cause de cette véritable catastrophe économique. Mais la ville canadienne n’est pas la seule, Munich accusa également plus de 289 millions de déficit. Quant aux dernières olympiades, un triste record fut établi, celui de la plus grosse ardoise jamais réalisée avec pas loin de 10 milliards d’euro, soit plus du double de l’estimation initiale (à noter que de nombreux bâtiments ont été restaurés comme l’aéroport, les réseaux électriques, les bus et tramways, les hôtels ou encore les casernes de pompiers). Seulement trois villes sortent du lot, Londres qui réalisa seulement 300 000$ de bénéfices, Tokyo qui fut l’un des plus grands succès économique avec 3 millions de bénéfices et enfin Los Angeles à qui les JO ne coûtèrent rien mais c’est l’unique ville a avoir fait recours à des dons privés. Mais si les jeux sont tant voulus, c’est sans doute pour les conséquences à long terme qu’ils engendrent. Que ce soit dans le domaine touristique, sportif ou autre. En effet cet événement ne rassemble pas uniquement des athlètes mais également des journalistes et des spectateurs ce qui représente une population considérable, le taux de remplissage observe une hausse phénoménale et la ville ne perd alors pas une occasion pour venter les mérites de son organisation « sans faille ». Les spots publicitaires concernant le tourisme sont omniprésents et l’accueil est souvent d’excellente qualité ainsi la promotion pour le site est facile et très efficace. En ce qui concerne le domaine sportif, devenir la ville hôte est une véritable aubaine pour deux raisons majeures.

Premièrement pour les infrastructures, les olympiades concernent un très grand nombre de sports et ils doivent tous être praticables dans la ville ou ses environs. Pour une ville comme Paris ne disposant pas de bassin olympique, la fédération française de natation espérait bien être munie d’un plan d’eau a grande échelle. Jusqu’alors absente de la scène internationale, une telle infrastructure lui aurait permis d’accueillir d’autres compétitions telles que les championnats d’Europe ou encore les championnats du monde.

Deuxièmement au niveau du nombre de licenciés. Lors de chaque grand rendez vous, la population est prive d’un engouement considérable pour le sport dans sa globalité : Pour ne citer que le domaine de la natation, la fédération pensait doubler le nombres de ses membres, soit une hausse de 250 000 à 500 000 licenciés. Ceci n’est pas négligeable sachant qu’une telle croissance permet des rentrés d’argent considérables ainsi qu’à moyen et long terme un meilleur niveau globale (la concurrence étant plus importante et els effectifs plus nombreux, les jeunes talents ont tendance à être tirés vers le haut). A plus grande échelle, le ministre des sports français prévoyait pas moins de « 4.3 millions de pratiquants supplémentaires ».
Historiquement, le pays organisateur n’a pas toujours tiré profit de sa position privilégiée mais on remarque que c’est surtout lors de crises ou de régimes totalitaires que le pays hôte se servait de son statut. L’exemple le plus frappant est bien sur : Berlin en 1936 où Hitler et les chefs nazis se réjouissent d’avoir écrasé toutes les nations représentées. Par l’intermédiaire du sport, l’Allemagne venait de prendre le dessus.

Si les jeux olympiques entraînent dans la majeur partie des cas, un endettement important durant la compétition, il est en revanche difficile de calculer les retombées économiques exactes tellement elle sont diverses. La vente de tickets et des produits dérivés procurent des recettes importantes mais cependant insuffisantes au remboursement total, seulement les répercutions touristiques notamment sont inestimables financièrement.





Pour les pays participants

Les Jeux sont aujourd’hui un événement sportif qui ne serait manqué par aucun pays. Au début des années 1900, certaines nations n’assuraient pas le déplacement. En effet, à Saint-Louis en 1904, la France, l’Italie et la Grande Bretagne se découragent, les Etats-Unis étant trop éloignés de l’Europe et le prix du voyage considérable. Mais dès 1912, les JO de Stockholm sont un véritable rendez-vous d’athlètes internationaux. La Russie impériale, le Japon, la Finlande et la Bohème sont des nouveaux venus. En 1920 à Anvers, la Finlande totalise quinze médailles et concurrence donc les USA (ce qui était inespéré à l’époque) . En 1932, lors des jeux de Los Angeles a lieu un événement unique jusqu’à présent : les Noirs d’Outre-Atlantique dominent tous les sprints ! Mais des pays africains comme le Kenya ou le Cameroun ne sont toujours pas présents doivent obtenir leur indépendance pour pouvoir participer aux JO. Enfin dix-sept répondent présents à Tokyo en 1964 ! Néanmoins, il faudra attendre les jeux de 1968 pour que leur puissance s’affirme réellement. Le Kenya va même jusqu’à devancer l’URSS en collectant huit récompenses en athlétisme. Quatre ans plus tard, le pays continue son ascension en talonnant la France au classement général. Les champions olympiques kenyans du 4*400mètres participent grandement à cette réussite. Les athlètes du tiers-monde, quant à eux, comptabilisent onze médailles, ce qui représente à leurs yeux un véritable exploit.

Les JO ont des intérêts divers et variés selon les nations. Tout d’abord, pour les pays industrialisés, ces jeux sont un moyen d’affirmer, ou de confirmer, leur puissance par l’intermédiaire du sport, à l’échelle internationale. Conformément aux propos tenus par Jacques Rogge dans sa lettre, cette compétition avait « un but politique pour des gouvernements ou organisations » (comme le contexte de la guerre froide). Cependant, depuis les JO de 1984, le côté sportif reprend le dessus (malgré les nombreuses affaires de dopage qui ont tendance à noircir le tableau et dévaloriser les performances : la population est de plus en plus méfiante notamment pour les nouveaux records établis).

Enfin, pour les pays en développement, les jeux constituent une des (trop) rares occasions pour eux de s’afficher et de se faire entendre : souvent, les médias retracent l’historique du champion olympique de chaque discipline ainsi qu’un rapide aperçu du pays montrant alors sa précarité (un exemple frappant comme le 100m nage d’ Eric Moussambani, nageur d'origine équato-guinéenne, devenu célèbre pour être le premier africain à prendre le départ d’un compétition aquatique. Il n’avait pas marqué les esprits avec sa vitesse mais par son courage et son envie d'aller au bout de lui-même. Il disputait alors le premier 100m de sa carrière alors qu’il nageait depuis seulement dix mois. Un tel exploit lui a permit de trouver un bon sponsor qui lui avait notamment permis de découvrir l'Europe et de poursuivre ses études).

Néanmoins, tous les pays du monde espèrent réaliser un maximum de profit. Effectivement, une partie de cet engouement autour des JO s 'explique par l’apport économique qu’ils procurent. Une médaille d’or rapporte plus de 38 000 euros (soit 250 000 francs) , une médaille d’argent plus de 18 000 euros (soit 120 000 francs) et une médaille de bronze plus de 12 000 euros (soit 80 000 francs) ce qui n’est pas négligeable pour les sportifs quelles que soient leurs origines.

medailles

A noter que l’esprit de compétition reste intact et que les sportifs participent aux JO dans l’unique but de relever un défi personnel et de marquer l’histoire à jamais (les jeux sont considérés comme la compétition la plus prestigieuse).


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